Relique parmi les plus anciennes de Novania, le Cor du Jugement aurait été confié à Atanaël par Kharon lui-même. Plus qu’un instrument de guerre, il demeure le symbole d’un pacte entre les vivants, les guerriers tombés et le dieu du passage. Les récits noviens affirment que lorsque son souffle retentira de nouveau, les âmes des combattants morts pourront être rappelées pour l’ultime bataille. Qu’il s’agisse d’une prophétie, d’une croyance ou d’un pouvoir véritable importe finalement peu : pour les Noviens, le Cor rappelle que la mort n’efface jamais la dette de l’honneur.
Dans les temples et les lieux de mémoire de Novania, les Fresques de la Gloire racontent ce que les générations ne doivent pas oublier. Elles représentent les batailles fondatrices, les héros tombés, les sacrifices consentis et la promesse d’un au-delà placé sous le regard de Kharon. Ces œuvres ne sont pas de simples ornements. Elles transmettent une vision du monde où le courage d’un individu peut survivre à sa disparition. Face à elles, chacun est confronté aux actes de ceux qui l’ont précédé. La mémoire devient ainsi une forme de présence, et l’histoire des morts continue de façonner celle des vivants.
Dès leur jeunesse, les Noviens participent à des épreuves rituelles appelées l'Ascension de Kharon. Ces épreuves consistent à affronter la nature hostile de Novania et à survivre seuls dans les montagnes durant une semaine. Ceux qui échouent sont considérés comme indignes de porter les armes.
Les guerriers accomplis marquent leur passage à l'âge adulte par un tatouage sacré représentant l’emblème de Kharon : une épée entrecroisée avec une balance.
Le rituel Ryth Var'Shael est destinée aux shamanes femmes devenant des Ulfrdottir (guerrières louves, des noviennes ayant la capacité de se métamorphoser en louve géante). Ce rituel peut être mortel pour celles qui échouent.
En Novania, forger une arme ne consiste jamais simplement à produire un outil de guerre. Le métal accompagne les serments, les lignées et la mémoire de ceux qui le portent. À Skarnjoll, capitale du royaume et cœur de la métallurgie novienne, les forges sacrées occupent ainsi une place essentielle dans la puissance militaire autant que dans la culture du peuple.
Les forgerons de Skarnjoll travaillent principalement les minerais acheminés depuis deux grands gisements noviens.
Les montagnes de Drakfjell fournissent un fer d’une qualité exceptionnelle, réputé pour sa résistance et utilisé pour façonner les armes qui accompagnent les armées noviennes dans leurs guerres contre les autres royaumes.
Drakthorm, en revanche, livre un minerai beaucoup plus rare. Ses propriétés particulières en font une matière recherchée lors des Obscurités d’Argone, lorsque les guerriers noviens affrontent les morts-vivants et les autres engeances issues des ténèbres.
Dans les forges sacrées de Skarnjoll, ces matières sont transformées par des artisans dont le savoir se transmet de génération en génération. Les armes destinées aux grandes campagnes peuvent être consacrées au nom de Kharon, dieu du passage et du feu, avant d’être remises aux guerriers.
Mais la valeur d’une lame novienne ne disparaît pas avec celui qui la porte.
Une arme peut survivre aux batailles, devenir le témoin d’une victoire, conserver le souvenir d’un mort ou être transmise aux descendants d’une même lignée. Le forgeron se trouve ainsi à la rencontre de la matière et de la mémoire : ce qu’il façonne appartient à un guerrier pour un temps, mais peut traverser plusieurs générations.
À Skarnjoll, le métal n’est donc pas seulement forgé pour combattre.
Il est forgé pour durer.
Lorsqu’un guerrier tombe, sa disparition ne doit pas sombrer dans le silence. L’Élégie du Sang accompagne la mémoire du défunt et transmet aux survivants le récit de ce qu’il fut, de ce qu’il accomplit et de ce qu’il laisse derrière lui. Dans cette tradition, le deuil n’efface pas la douleur, mais lui donne une place dans la mémoire collective. Les armes, les paroles et les souvenirs du disparu deviennent les témoins d’une existence désormais confiée aux générations suivantes. Chez les Noviens, mourir n’est pas disparaître tant qu’un nom demeure prononcé et qu’une histoire continue d’être transmise.
Avant certaines batailles, les Noviens se rassemblent autour du feu pour accomplir la Danse des Ombres. Le rite met symboliquement les guerriers face à leur propre disparition : chacun doit accepter la possibilité de tomber avant de pouvoir avancer sans être dominé par la peur. Les mouvements, le feu et les ombres deviennent alors une représentation de la frontière entre la vie et la mort. Il ne s’agit pas de nier la peur, mais de lui retirer son pouvoir. La Danse des Ombres exprime ainsi une conviction profondément novienne : le courage ne consiste pas à ignorer la mort, mais à marcher malgré elle
Les Ulfrdóttir, « Filles des Loups », sont des guerrières noviennes liées à Shibaya et à la vie sauvage des forêts. Leur capacité à emprunter la forme du loup n’est ni une malédiction ni une corruption d’Argone : elle procède d’un don lié au cycle du vivant. Lorsque les Obscurités d’Argone gagnent Novania, elles veillent sur les villages isolés, les forêts, les cols et les routes que les armées ne peuvent protéger en permanence. Chasseuses des morts errants et des manifestations des ténèbres, elles incarnent une singularité essentielle de Novania : des guerrières de la vie dressées contre ce qui refuse de mourir.
Une porte qui n’aurait jamais dû s’ouvrir. Le Drekk Argonak est l’une des fractures les plus redoutées de WARYAUME.
Selon les chroniques noviennes, sa première ouverture connue eut lieu à Skolvar, lorsque Argone décida de rompre l’équilibre qui liait les grandes puissances divines. En ouvrant un passage vers Novania, il défia directement ses frères et sœur, Kharon, Irkay et Shibaya, afin d’étendre son influence sur les trois saisons du monde.
Ce qui devait permettre aux ténèbres d’envahir Novania devint pourtant, avec le temps, une route que les Noviens apprirent eux-mêmes à emprunter.
Le Drekk Argonak cessa alors d’être seulement une porte d’invasion.
Il devint une frontière de guerre.