Parmi les enfants de Kaïros, tous ne façonnèrent pas le monde par la création ou la lumière.
Certains furent chargés de veiller sur des forces plus austères.
Kharon est le dieu de la guerre et du jugement.
Dans l’ordre du monde établi par Kaïros, la mort des guerriers ne peut rester sans réponse.
Chaque combattant tombé sur le champ de bataille est appelé à se tenir devant le regard de pierre de Kharon.
Car ce dieu ne juge ni la victoire, ni la défaite.
Il juge l’honneur.
Ainsi, depuis les premiers âges de Waryaume, Kharon est vénéré par les peuples guerriers qui savent que la guerre n’est pas seulement une lutte pour la conquête…
mais une marche vers le jugement.
Baal est une divinité mineure issue du panthéon ancien, né sous l’ombre d’Argone, seigneur des morts.
Contrairement aux dieux majeurs, il n’incarne ni un principe fondamental du monde, ni un cycle naturel.
Il est une déviation.
Une volonté autonome née au sein même du système divin.
Sa nature n’est ni créatrice, ni destructrice au sens classique.
Elle est corruptive.
Baal ne crée pas. Il altère.
Baal ne règne sur aucun territoire naturel.
Il ne possède ni saison, ni élément, ni royaume stable dans l’ordre du monde.
Son influence s’exerce :
dans l’instant de la mort
dans les failles de la volonté humaine
dans les pactes conclus hors du regard des dieux majeurs
Son domaine est un espace instable nommé : L’Abîme des Serments
Un lieu où les âmes pactisées sont retenues, transformées et préparées à servir.
C’est un territoire de transition corrompue.
Ni vie. Ni mort.
Durant cette période, Baal s’allie directement à Argone.
Ensemble, ils orchestrent la chute de Lunaria.
Plutôt qu’une invasion frontale, ils infiltrent le royaume :
pactes dans les élites
corruption interne
transformation progressive des populations
Les démons apparaissent alors massivement dans le monde.
Cette période est connue comme : La Seconde Apocalypse Démoniaque
Elle marque la première manifestation globale du Baalisme.
Baal ne se manifeste pas comme les autres dieux.
Il apparaît.
Incarné.
Présent dans le monde des vivants. Sa manifestation la plus fréquente est le pacte.
Il approche les mortels fragiles, désespérés ou ambitieux.
Il ne force pas.
Il propose.
En échange d’une conscience maintenue après la mort, le mortel accepte de lier son âme.
Les pactisés, à leur mort, ne suivent pas le cycle.
Ils sont interceptés.
Ils deviennent des Narskaï :
entités conscientes
anciennes âmes humaines
faibles mais capables de corruption
Ils infiltrent les sociétés humaines et propagent le pacte.
Kharon apparaît rarement dans le monde des vivants.
Contrairement à d’autres divinités, il ne se manifeste presque jamais sous une forme visible.
Les traditions rapportent que le dieu de la guerre agit de manière plus subtile :
dans les rêves des rois avant les grandes batailles
dans les visions des prêtres kharonistes
dans les serments prononcés par les guerriers avant le combat
Ainsi, l’influence de Kharon ne se manifeste pas par des miracles spectaculaires, mais par la transformation intérieure de ceux qui choisissent de suivre son chemin.
Baal n’est pas le plus puissant des dieux.
Mais il est le plus proche.
Il ne règne pas sur le monde.
Il circule en lui.
Il ne prend pas les âmes.
Il attend qu’on les lui offre. Le Baalisme ne s’impose pas. Il se choisit.